Prière à Dieu

 

" Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités.

Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à tes yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.

Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. "


 

Source du texte Extrait de : Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII

Le divin n’est pas dans l’espace !

Emmanuel Swedenborg

Le Divin n’est pas dans l’espace, quoiqu’il soit omniprésent chez l’homme dans le monde, chez l’ange dans le ciel et chez l’esprit sous le ciel. Cela peut être compris par l’idée spirituelle, mais ne peut l’être par l’idée purement naturelle, parce qu’en cette dernière, il y a la notion de l’espace. En effet, celle-ci a été formée d’après les choses qui sont dans le monde, et l’espace est dans toutes et chacune des choses qui sont vues par les yeux. Là, tout ce qui est grand, petit, long, large et haut, en un mot, toute mesure, figure et forme appartiennent à l’espace. Ainsi, par l’idée purement naturelle, on ne peut saisir que le Divin n’est pas dans l’espace, quand on dit qu’Il est partout. Néanmoins, l’homme peut le saisir par la pensée naturelle, pourvu qu’en elle, il admette quelque peu la lumière spirituelle. Pour cette raison, il sera d’abord traité de l’idée spirituelle, et ensuite, de la pensée qui en découle.

L’idée spirituelle ne tire rien de l’espace, mais elle tire tout de l’état. L’état dépend de l’amour, de la vie, de la sagesse, des affections, des joies qui en proviennent; en général, du bien et du vrai. L’idée vraiment spirituelle sur ces choses n’a rien de commun avec l’espace, elle est au-dessus, et elle regarde les idées d’espace au dessous d’elle comme le ciel regarde la terre.

Puisque les anges et les esprits voient par les yeux comme les hommes dans le monde, et que les objets ne peuvent être vus que dans l’espace, il s’ensuit que dans le monde spirituel où sont les esprits et les anges, il apparaît des espaces semblables aux espaces sur terre. Néanmoins, ce ne sont pas des espaces mais des apparences d’espaces, car ils ne sont ni fixes, ni déterminés comme sur terre. En effet, ils peuvent être allongés, rétrécis, changés et variés. Ainsi, ne pouvant être déterminés par la mesure, ils ne peuvent être saisis par aucune idée naturelle, mais seulement par l’idée spirituelle. Pour celle-ci, les distances de l’espace ne sont autres que les distances du bien et les distances du vrai, qui sont des affinités et des ressemblances selon les états du bien et du vrai.

Il en découle que l’homme, par une idée purement naturelle, ne peut saisir que le Divin est partout, et cependant n’est pas dans l’espace. Les anges et les esprits le saisissent clairement. L’homme aussi peut le comprendre, pourvu que dans sa pensée, il admette quelque chose de la lumière spirituelle, alors, c’est son esprit qui pense et non son corps, ainsi, c’est son spirituel et non son naturel.

Certains ne le comprennent pas, parce qu’ils aiment le naturel, et de ce fait ne veulent pas élever les pensées de leur entendement au-dessus du naturel, dans la lumière spirituelle. Ils ne peuvent alors penser que d’après l’espace, même à Dieu. Mais penser à Dieu d’après l’espace, c’est y penser d’après l’étendue de la nature. Ce préliminaire est nécessaire, car sans la connaissance et la perception que le Divin n’est pas dans l’espace, on ne peut rien comprendre de la Vie Divine, qui est l’amour et la sagesse. Et par suite, on ne comprendrait presque rien sur la Divine Providence, l’Omniprésence, l’Omniscience, l’Omnipotence, l’Infinité et l’Éternité dont il sera traité en série.

Dans le monde spirituel, il apparaît des espaces comme dans le monde naturel, par conséquent, aussi des distances, mais ce sont des apparences selon les affinités spirituelles qui appartiennent à l’amour et à la sagesse, ou au bien et au vrai. C’est pourquoi le Seigneur, bien qu’Il soit partout chez les anges dans les cieux, apparaît néanmoins, en haut, au-dessus d’eux comme Soleil. Puisque la réception de l’amour et de la sagesse fait l’affinité avec le Seigneur, les cieux où les anges sont, d’après la réception, dans une affinité plus proche, apparaissent plus près de Lui que ceux où les anges sont dans une affinité plus éloignée. Il s’ensuit que les cieux, qui sont au nombre de trois, ont été aussi distingués entre eux; il en est de même des sociétés de chaque ciel. De plus, les enfers, qui sont sous les cieux, sont éloignés selon le rejet de l’amour et de la sagesse. Sur la terre aussi, le Seigneur est présent chez tous les hommes, pour l’unique raison qu’Il n’est pas dans l’espace. "


 

Source du texte Extrait de : La sagesse angélique sur le divin amour et sur la divine sagesse

Seigneur

Seigneur, fais de moi un instrument de la paix,

Là où il y a la haine, que je mette l’Amour,
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l’union,
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance,
Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière,
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

O Maître, que je ne cherche pas tant
A être consolé…qu’à consoler
A être compris…qu’à comprendre
A être aimé…qu’à aimer.

Car,
C’est en donnant…qu’on reçoit
C’est en s’oubliant…qu’on trouve
C’est en pardonnant…qu’on est pardonné
C’est en mourant…qu’on ressuscite à l’éternelle vie.